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Majesty put herself at a window, all in tears and with more sighs and groaus than can be described, and seeing Ledington pass in the street, entreated him for God's sake to let her speak to him, which he did in her chamber; and the people who had gathered together at her cries were bid to disperse. Some Lords also went to her: I thought that I could not do less than ask to see her, and I had it mentioned to these Lords. They held a conference upon it, and sent me word that they would be glad I should see her; being well assured that all I wished to say to her would be conducive to her tranquillity and theirs, but that her language to them was strange, and that they would be desirous of my speaking with them before I spoke with her. To this I consented, and they informed me that they would send an honourable attendance to fetch me. However, there was an alarm of tumult in the city, which lasted, as I think, the whole day; and about nine in the evening they led the Queen to her usual apartments in the abbey (Holyrood), with two men on foot before her, bearing the standard which represented the dead body. The Lords were on foot around her Majesty, and a thousand or twelve hundred men followed. During the night they removed her from this city; as I believe, to the castle of Esterlins (Stirling*) . . . I pray to God that he may comfort this poor kingdom, for it is now the most afflicted and distracted realm that can be found under heaven, and its disorder is beyond all power of expression. . . . From Lislebourg this 17th of June, 1567.!-(Vol. vii. pp. 113–124).

But perhaps our readers will now desire to see a specimen of Mary's own letters. The one which follows, addressed from Carlisle to the Cardinal of Lorraine, gives a striking account of the hardships she endured after her escape from Lochleven, and appears to us in other respects highly characteristic :

Mon Oncle, si vous n'avez pitié de moi à ce coup, je puis bien dire que c'est fait de mon fils, de mon pays et de moi, que je serai en un autre quartier en ce pays, comme en Lochlevin. Je vous supplie avoir égard, mes ennemis sont peu et j'ai tout le reste de la noblesse: les leurs les commencent à laisser, si j'avais tant soit peu de secours. Car ils sentent bien que leur querelle est mauvaise, et que, en Ecosse et ici, où j'ai pu parler pour répondre à leur calomnies et faux rapports, ils sont estimés traitres et menteurs; et pour ce respect s'efforcent-ils de m'empêcher de passer outre et m'arretent ici. Ceux que la Reine (Elizabeth) envoye pour les faire cesser et poursuivre mes ennemis, les fortifient et assistent au contraire, de façon que l'on me tient jusques à ce que les autres m'aient battues, combien que j'ai offert les prouver faux accusateurs et moi innocente, comme ce porteur vous dira, auquel je me remettrai pour le crédit que je lui donne. Je vous supplie hâter quelque secours, comme il vous montrera le besoin qu'en ont tous mes bons serviteurs qui ne sont en petit nombre, et entre autres le pauvre Mr. de Setoun, qui est en danger d'avoir la tête tranchée pour avoir été un de mes délivreurs de

* Such was the first rumour, but in fact, as is well known, Mary was sent that night to Lochleven.

prison. prison. Entretenez bien Betoun, car je ne l'ose envoyer quérir que je ne soie plus sûre. Car ils disent bien qu'ils le feront tuer s'ils peuvent, et George Douglas qui m'a Otée aussi. Par quoi je le vous enverrai incontinent qu'il pourra avoir sureté de passer, comme j'en écris à l'ambassadeur de France. Car on a empêché Mr. de Fleming qui est là, de passer vers le Roi. Si George va, je vous enverrai, tout au long, leurs déportemens et les miens depuis le commencement des troubles, car il a ouï leurs beaux comptes de moi et je l'instruirai du reste. Je vous le recommande, faites lui donner honnête entretien. Car autrement guères ne perdront leurs amis pour me servir au hasard de leur vie. Il est fidèle : de cela je vous assure et faira ce que lui commanderez. Je vous supplie, envoyez souvent visiter le Duc:* car ses parens m'ont servi extrêmement bien, et s'ils ne sont secourus ils sont vingthuit gentilshommes, tous d'un surnom, condamnés à être pendus et leurs maisons abattues. Car tout homme qui ne les veut obéir est coupable de ce crime qu'eux mêmes ont commis. Ouvertement ils inventent de jour en jour menteries de moi, et secrètement m'offrent de ne dire plus mal de moi, si je veux leur quitter le gouvernement. Mais on j'aime mieux mourir, ou les faire avouer qu'ils ont menti de tant de vilenies qu'ils m'ont mises sous. Or je me remets à la suffisance de ce porteur et vous supplierai avoir pitié de l'honneur de votre pauvre nièce et procurer le secours que vous dira ce porteur et ce pendant de l'argent car je n'ai de quoi acheter du pain, ni chemise, ni robe.

La Reine d'ici m'a envoyé un peu de linge et me fournit un plat. Le reste je l'ai emprunté, mais je n'en trouve plus. Vous aurez part en cette honte. Sandy Clerk, qui a été en France de la part de ce faux bâtard, † s'est vanté que ne me fourniriez point d'argent et ne vous mê. leriez de mes affaires. Dieu m'éprouve bien; pour le moins assurez-vous que je mourrai Catholique. Dieu m'ôtera de ces misères bien-tôt. Car j'ai souffert injures, calomnies, prison, fairn, froid, chaud, fuite sans savoir où quatre-vingt-douze milles à travers champs sans m'arreter ou descendre, et puis coucher sur la dure, et boire du lait aigre, et manger de la farine d'avoine sans pain, et suis venue trois nuits comme les chat-huans, sans femme, en ce pays, où, pour récompense, je ne suis guères mieux que prisonnière: et cependant on abât toutes les maisons de mes serviteurs et je ne puis les aider, et pend-on les maîtres, et je ne puis les récompenser, et toutefois tous demeurent constans vers moi, abhorrant ces cruels traitres, qui n'ont trois mille hommes à leur commandement, et si j'avais secours, encore la moitié les laisserait pour sûr. Je prie Dieu qu'il mette remède, ce sera quand il lui plaira, et qu'il vous donne santé et longue vie. * De Carlile, ce 21 de Juin (1568).

Votre humble et obéissante nièce,

MARIE R. * Je vous supplie présenter mes tres-humbles recommandations à ma Dame ma tante. Je lui écrirai dans huit jours par George Douglas, qui

De Chatel-Herault, le chef des Hamiltons. 1 Le Comte de Murray, Regent d'Ecosse.

lui ira faire entendre ma misère. Je ne veux oublier que j'ai promis quand je partis d'Ecosse à mes gens de leur amener du secours à la fin d'Août. Pour l'honneur de Dieu, que je ne les fasse ruiner et puis qu'ils [ne] soient trompés. Mais envoyez en avec le Duc et quelques Français d'autorité, et, entre autres, le Capitaine Sarlabous serait bien requis. C'est tout un pour ma retenue; mais que mes sujets ne soient trompés et ruinés; car j'ai un fils que ce serait pitié de laisser entre ces traitres.'-vol. ii. pp. 115-119.

We will add the last letter which the ill-fated Mary ever wrote: it is addressed to Henry III., King of France, and dated Fotheringay Castle, February 8th, 1587, the very night before her execution :

Monsieur mon Beau-frère, étant, par la permission de Dieu, pour mes péchés, comme je crois, venue me jeter entre les bras de cette Reine ma cousine, où j'ai eu beaucoup d'ennuis et passé près de vingt ans, je suis enfin par elle et ses Etats condamnée à la mort; et, ayant demandé mes papiers par eux ôtés, afin de faire mon testament, je n'ai pu rien retirer qui me servit, ni obtenir congé d'en faire un libre, ni qu'après ma mort mon corps fût transporte, selon mon désir, en votre royaume, où j'ai eu l'honneur d'être Reine, votre seur et ancienne alliée.

• Ce jourd'hui,* après dîner, m'a été dénoncé ma sentence pour être exécutée demain, comme une criminelle, à huit heures du matin. Je n'ai eu loisir de vous faire un ample discours de tout ce qui s'est passé ; mais, s'il vous plaît de croire mon médecin et ces autres miens désolés serviteurs, vous oirez la vérité, et comme, graces à Dieu, je méprise la mort et fidèlement proteste de la recevoir innocente de tout crime, quand je serais leur sujette. La religion Catholique et le maintien du droit que Dieu m'a donné a cette couronne sont les deux points de ma condamnation, et toutesfois ils ne me veulent permettre de dire que c'est pour la religion catholique que je meurs, mais pour la crainte du change de la leur: et, pour preuve, ils m'ont ôté mon aumônier, lequel, bien qu'il soit en la maison, je n'ai pu obtenir qu'il me vînt confesser ni communier à ma mort; mais m'ont fait grand instance de recevoir la consolation et doctrine de leur ministre amené pour ce fait. Ce porteur et sa compagnie, la plupart de vos sujets, vous témoigneront mes déportemens en ce mien acte dernier.

• Il reste que je vous supplie, comme Roi Très-Chrétien, mon beaufrère, ancien allié, et qui m'avez toujours protesté de m'aimer, qu'à ce coup vous faisiez preuve en tous ces points de votre vertu, tant par charité, me soulageant de ce que, pour décharger ma conscience, je ne puis sans vous, qui est de récompenser mes serviteurs désolés, leur laissant leurs gages, l'autre faisant prier Dieu pour une Reine qui a été nommée Très Chrétienne et meurt Catholique, dénuée de tous ses biens. Quant à mon fils, je le vous recommande, autant qu'il le méritera; car je n'en puis répondre. J'ai pris la hardiesse de vous envoyer deux pierres rares pour la santé, vous la désirant parfaite avec heureuse et

* Cette lettre, qui avait été commencée le Mardi, 7 Février, fut achevée le lendemain.

longue

longue vie. Vous les recevrez comme de votre très-affectionnée bellesæur, mourante en vous rendant témoignage de son bon cæur envers vous. Je vous recommande encore mes serviteurs. Vous ordonnerez, s'il vous plaît, que, pour mon âme, je sois payée de partie de ce que me devez, et qu'en l'honneur de Jésus Christ, lequel je prierai demain, à ma mort, pour vous, me laisser de quoi fonder un obit et faire les aumônes requises. Ce Mercredi, à deux heures après minuit.

"Votre très-affectionnée et bonne saur,

'Marie R.' We conclude as we began, heartily commending these volumes to general attention, as one of the most valuable contributions ever offered to British Literature by a foreign hand.

Art. VI.-Kosmos. Entwurf einer physischen Weltbeschreibung.

Von Alexander von Humboldt. Erster Band. Syo. Stuttgart, 1845. Pp. 493. (Cosmos: A Sketch of a Physical De

scription of the World. Volume First.) PARON Alexander Von Humboldt was born on the 14th

D September, 1769; he has consequently now entered his 77th year. In his preface to the Kosmos he says :- In the late evening of an active life I present to the German public a work whose undefined outline has hovered before my imagination for half a century. The circumstances under which the volume is presented to us secure beforehand a respectful and cordial interest, independently of its own great merits.

The general features of the active life to which Humboldt here alludes are pretty generally known. In the various partial biographies of him which have already appeared, we have a more or less accurate repetition of nearly the same details; but to know Humboldt aright there is much more of which the public would naturally wish to be informed, regarding so eminent a man, and which would throw light upon the history of his occupations and enterprises. For this, however, as well as for a complete and impartial estimate of his philosophical character, we must be content to wait till a period, we hope still remote, when the events of his life may be considered as matter of history.

In the meantime we may recall the prominent circumstances of his scientific career. After the routine of an education at Göttingen and elsewhere, which offers, so far as we know, nothing peculiar, he studied mining at Freyberg under Werner-having already, however, made a rapid journey to Holland, England, and France, and having published, in his 21st year, an · Essay on

the the Basalts of the Rhine. Though afterwards attached officially to the mining corps, he appears to have continued his excursions in foreign countries, particularly in Austria, Switzerland, and Italy, and finally reached Paris in 1797, or 1798, where he was destined to spend many after years of his life. His attention to mining does not seem to have prevented him from attaching himself to many different pursuits, amongst which botany and the then recent discoveries of Galvani connected with muscular irritability may be particularly noticed. Botany indeed, we know from his own authority, occupied him nearly exclusively for some years;* but even at this time he was practising the use of those astronomical and physical instruments which he afterwards turned to so good an account. His subsequent struggles and disappointments in the attempt to extend his knowledge of nature in different regions are told of in the first part of his · Personal Narrative. The political disturbances of the civilized world at the close of the last century were such as to make our impatient traveller an unwilling prisoner within the boundaries of Europe. His first scheme was to join a friend going to explore Egypt; his second, to unite himself to a French circumnavigatory expedi. tion; his third, to accompany a Swedish consul to Algiers from Marseilles : but all these projects were negatived by the causes which we have mentioned ; and at last, in the hope of entering Africa from Cadiz, he proceeded to Spain in 1799—where his plans took an entirely new direction from the unexpected patronage which he received at the court of Madrid. This decided him to proceed directly to the Spanish possessions in America, and there gratify the longings for foreign adventure, and the scenery of the tropics, which had haunted him from boyhood, but had all along been turned in the diametrically opposite direction of Asia. He did not reach America without one or two alarms of capture at sea, which would have returned him to the shores of Europe, wherewith his perverse destiny seemed to connect him ; but he succeeded, and from 1799 to 1804 carried on those extensive researches in the physical geography of the New World, by which his name was to be invested with permanent celebrity.

His return to Europe in 1804 imposed upon him fresh labours—the publication, namely, of the results of his journey. In his manner of effecting this Baron Humboldt was, we think, ill advised, and probably he has long been of the same opinion. In order to bring his results before the world in a manner worthy, as he conceived, of their importance, he commenced a series of gigantic publications in almost every branch

* Kosmos, p. 375.

† Relation Historique. 8vo. edit., i. 67.

of

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