Œuvres de Denis Diderot: Romans et contes

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J.L.J. Brière, 1821
 

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Page 436 - Femmes , que je vous plains ! Il n'y avait qu'un dédommagement à vos maux ; et si j'avais été législateur, peut-être l'eussiez-vous obtenu. Affranchies de toute servitude, vous auriez été sacrées en quelque endroit que vous eussiez paru. Quand on écrit des femmes, il faut tremper sa plume dans l'arc-en-ciel , et jeter sur sa ligne la poussière des ailes du papillon ; comme le petit chien du pèlerin , à chaque fois qu'on seSUR LES FEMMES.
Page 439 - L'âme des femmes n'étant pas plus honnête que la nôtre, mais la décence ne leur permettant pas de s'expliquer avec notre franchise, elles se sont fait un ramage délicat, à l'aide duquel on dit honnêtement tout ce qu'on veut quand on a été sifflé dans leur volière.
Page 462 - La nature n'a fait ni serviteur ni maître; « Je ne veux ni donner ni recevoir de lois. » Et ses mains ourdiraient les entrailles du prêtre, Au défaut d'un cordon pour étrangler les rois.
Page 109 - ... appelle la folie de la croix. Dans l'état où j'étais, de quoi m'aurait servi l'image d'un législateur heureux et comblé de gloire? Je voyais, l'innocent, le flanc percé, le front couronné d'épines, les mains et les pieds percés de clous, et expirant dans les souffrances; et je me disais : « Voilà mon Dieu, et j'ose me plaindre!..
Page 427 - Malgré tout mon amour, si dans cette journée II ne m'attache à lui par un juste hyménée ; S'il ose m'alléguer une odieuse loi ; Quand je fais tout pour lui , s'il ne fait tout pour moi ; Dès le même moment , sans songer si je l'aime , Sans consulter enfin si je me perds moi-même , J'abandonne l'ingrat , et le laisse rentrer Dans l'état malheureux d'où je l'ai su tirer.
Page 469 - S'il osait de son cœur n'écouter que la voix, Changeant tout à coup de langage, Il nous dirait, comme l'hôte des bois : « La nature n'a fait ni serviteur ni maître ; « Je ne veux ni donner ni recevoir de lois.
Page 176 - L'homme est né pour la société; séparez-le, isolez-le, ses idées se désuniront, son caractère se tournera, mille affections ridicules s'élèveront dans son cœur; des pensées extravagantes germeront dans son esprit, comme les ronces dans une terre sauvage. Placez un homme dans une forêt, il y deviendra féroce; dans un cloître, où l'idée de nécessité se joint à celle de servitude, c'est pis encore. On sort d'une forêt, on ne sort plus d'un cloître; on est libre dans la forêt, on...
Page 439 - Tandis que nous lisons dans des livres, elles lisent dans le grand livre du monde. Aussi leur ignorance les dispose-t-elle à recevoir promptement la vérité, quand on la leur montre. Aucune autorité ne les a subjuguées ; au lieu que la vérité trouve à l'entrée de nos crânes un Platon, un Aristote, un Épicure, un Zenon, en sentinelles, et armés de piques pour la repousser.
Page 435 - Représente-toi bien, Père, les peines qui sont réservées à une Indienne parmi ces Indiens. Ils nous accompagnent dans les champs avec leur arc et leurs flèches. Nous y allons, nous, chargées d'un enfant qui pend à nos mamelles, et d'un autre que nous portons dans une corbeille. Ils vont tuer un oiseau, ou prendre un poisson. Nous bêchons la terre, nous; et après avoir supporté toute la fatigue de la culture, nous supportons toute celle de la moisson. Ils reviennent le soir sans aucun fardeau;...
Page 430 - ... de l'impie. Cependant la recluse dans sa cellule se sent élever dans les airs ; son âme se répand dans le sein de la Divinité ; son essence se mêle à l'essence divine ; elle se pâme ; elle se meurt ; sa poitrine s'élève et s'abaisse avec rapidité; ses compagnes, attroupées autour d'elle, coupent les lacets de son vêtement qui la serre.

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